mardi, décembre 16

Va Nietzscher ta soeur !



"Je me marierai avec toi Elisabeth"

Friedrich Nietzsche avait une petite soeur, de deux ans sa cadette. Therese Elisabeth Alexandra Nietzsche était une gentille fille. La pauvre petite perdit son papa alors qu'elle n'avait que 3 ans et que son grand frère était à peine plus agé (de deux ans pour ceux qui suivent). Toute petite déjà Elisabeth était remplie d'admiration pour son grand frère. En fait, elle l'admirait tellement, qu'elle en tomba vite amoureuse. Il y avait entre eux une vraie complicité, pleine de secrets et de confidences. Avant leur dixième année, ils déclarèrent qu'il se marieraient ensemble. Comme il est mignon de voir un grand frère et sa petite soeur si proche l'un de l'autre !
Mais Elisabeth commença a reprocher à son grand frère ses premiers amours.

1878 : Humain, "inhumain"

En 1878, Nietzsche a 34 ans quand il publie "Humain, trop humain", un bouquin qui craint pour sa soeur. Toute la famille de Friedrich désapprouve la violence du livre - le premier d'une longue série. Elisabeth, notamment, n'accepte pas ses positions anti-chrétiennes. Dauber sur Jésus, c'est mal. Elisabeth est luthérienne et ces propos sont pour elle "vulgaires" et "inhumains". Quel coquin ce Friedrich !

1882 : Partouze autour de la mort de Dieu

Friedrich a 38 ans lorsqu'il rencontre la belle Lou Andreas-Salomé. Future femme de lettres et psychanalyste (elle fricotera aussi, entre beaucoup, avec Freud : cochone !), d'origine russe, Lou connait bien la philosophie. Toute jeune, elle lisait déjà Spinoza (qui a une certaine époque répara les lunettes de Zarathoustique) et Kant (qui a une certaine époque, inventa le port-jartelle). Elle est encore jeune lorsqu'elle rencontre Friedrich. Lui aurait pu en profiter pour la niquer vite fait, mais il n'était pas seul et c'est une hstoire d'amour à trois qui se mit en place. Paul Rée (du cul), un philosophe allemand juif, accompagne Friedrich et Lou dans leurs escapades philosophiques où ils parlent, entre autres, de la mort de Dieu et des spiritualités indiennes. Comme Friedrich, Paul était fortement épris de Lou. Leur trio, dit-on, resta platonique et philosophique. Parions plutôt qu'ils partouzaient comme des porcs dés qu'ils le pouvaient. Pendant que Paul prenait Lou par le derrière, Friedrich, couché dessous, finissait de remplir la belle et jeune russe par un lieu souvent plus humide. Bref. Cette histoire dégoulinante ne dura qu'un temps. Paul demanda Lou en mariage et Elisabeth, jalouse des ébats de son frère, écarta Lou de la vie de son frère qui, parait-il, finit par déprimer et écrire son Zarathoustra (misère !).


1885 : Elisabeth, "le chasseur de juifs" et la jungle paraguayenne

En 1885, Elisabeth épouse un mec super balaise dans le monde de la chasse aux juifs : Bernhard Förster. Cet ancien professeur, militant d'extrême droite et antisémite à ses heures perdues se rallie vite à la grande idée d'Elisabeth : elle veut fonder une colonie de pure race aryenne, lieu d'exil fondée sur le principe d'une société rurale et qui était censée révéler au monde la supériorité de la race élue et du luthérisme. Elle eut cette géniale idée en bouquinant "Religion et Art" de Wagner (eh ! que voulez-vous ? la grande famille du spectacle...), un essai de 1880 dans lequel Richard beugle contre l'émancipation des juifs d'Allemagne après 1871. La jungle paraguayenne (proche de la rivière Aguaraya) fût choisit et Bernhard et Elisabeth fondèrent Nueva Germania, petit village au nom décidément très très original. Grâce au départ de quatorze familles de colons originèrent de Saxe, le beau rêve aryen put enfin devenir une réalité en 1886. Mais Bernhard et Elisabeth n'étaient visiblement pas très futés et semblaient avoir négligé au moins trois paramètres : vivre dans la jungle c'est casse-couille ; les indiens indigènes du Paraguay ne sont pas bien blancos ; la chaire est faible. Ainsi, nul ne pût empêcher le métissage des indiens et des colons. Ainsi, nul ne pût empêcher les maladies de la jungle - auxquelles les européens n'étaient pas préparés - de décimer une part de cette belle population blanche : malaria, tuberculose mais aussi morsures de serpents (sur la kékète, ouille, ouille !) et de puces de sable (dans le fion surtout). Ainsi, nul ne pût empêcher l'endogamie et le développement de nombreuses tares génétiques pour les quelques "puristes" de Nueva Germania qui refusèrent de quitter la jungle ou de forniquer avec les "sauvages". Bernhard finit par se suicider deux ans après en buvant un peu de poison (mais pas du Roundup) et Elisabeth rentra au pays en 1893. Aujourd'hui encore, alors que Barack Obama (noir) chie (noir) sur la céramique (blanche) du chiotte de sa Maison (blanche), une centaine de familles descendant directement des premiers colons vivent encore sur place dans la plus grande pauvreté. L'histoire est parfois belle.

Épilogue : Mon frère ce héros, mon frère ce nazi

Une fois rentrée en Allemagne, Élisabeth décide de s'occuper de son frère, pour le meilleur et pour le pire. Comme ce dernier est désormais une vraie larve mentale et physique qui signe ses lettres "Dionysos" ou encore "Jésus", sa soeur chérie (aidée de sa maman) est à ses côtés. À partir de 1894, elle organise des visites en provenance de toute l'Europe afin que l'on puisse voir son frère et se faire prendre en photo à ses côtés. Nietzsche taré, Nietzsche attraction touristique de Sils-Maria. Mais elle fit bien plus pour la fortune de son frère en créant les archives Nietszche qui servirent à promouvoir l'oeuvre du philosophe de façon très efficace auprès des idéologues nazis. Elle détourna ainsi les thèses de l'oeuvre de son frère jusqu'à la fin de sa vie pour en faire un idéologue nazi. Ce que l'histoire ne dit pas mais que savent Hippocrite & Démocrate (de sources sûres), c'est qu'Heidegger, furieux d'une telle concurrence, décida alors de créer le Dasein, concept parfaitement débile et incompréhensible qui le fit passer pour très intelligent. Quoiqu'il en soit, Elisabeth servit parfaitement le régime hitlérien jusqu'à ces derniers jours et... devinez quoi ? Le fuhrer fit même le déplacement pour assister à ses funérailles !
Alors, elle est pas belle la famille ?





illustrations (libres de droits) :
- Elisabeth Förster-Nietzsche vers 1894
- Lou Andreas-Salomé en 1914
- F. Nietzsche, Paul Rée et Lou Salomé
- A. Hitler

2 commentaires:

calimero a dit…

Je ne suis pas sur que le Dasein sorte du cul d'Heidegger et je pense que ça mériterai une étude. Par contre son être n'arrête pas de fuir.

Hippocrite et Démocrate a dit…

Hé ! Bonjour Calimero, bienvenue.
Je me dois de rectifier un malentendu : Hippocrite & Démocrate soutient la thèse selon laquelle le Dasein serait dans le cul en général, pas que celui-ci sortirait du cul particulier d'Heidegger. En fait, nous sommes dans l'universel, non dans le particulier. En soi, le cul d'Heidegger n'est guère intéressant - sauf peut-être pour Hannah Arendt - et nous lui préférons le cul de tout un chacun, le Cul.
En revanche, ta - tu permet que je te tutoie - seconde idée est lumineuse et drôle. Je sens que Théophile va adorer.
Merci d'être passé !
PS: laisse tomber les études et viens te marrer avec nous.

Enregistrer un commentaire

Si vous n'avez pas de compte Google, sélectionnez "Anonyme" ou "Nom/URL" pour publier votre commentaire.